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USA-monde arabe: Les contours de l'ère Biden

En juin 2013, Hassan Rohani, représentant le courant modéré de la République islamique iranienne est élu à la tête de l'État pour un mandat de quatre ans. C'était le déclic tant attendu par Barack Obama pour opérer un changement de cap majeur dans la politique moyen-orientale de la première puissance économique mondiale. Ainsi, quelques mois plus tard, les États-Unis, ainsi que la Chine, la Russie, l'Allemagne, la France et la Grande Bretagne signèrent un accord historique portant sur le le contrôle de l'enrichissement de l'uranium iranien. Corollaire de cette entente spectaculaire, les pays occidentaux allaient dès lors amorcer une normalisation progressive avec la République islamique incluant dans une première phase la reprise des échanges commerciaux, le grand retour des multinationales et finalement le rétablissement des relations diplomatiques.


Cet accord historique s'est essentiellement fait, côté américain aux dépens de l'Arabie Saoudite, ennemi juré du régime des mollah. Jamais depuis la deuxième guerre et hormis quelques épisodes des chocs pétroliers - assez brefs dans la durée-, les relations entre Washington et Ryad ne s'étaient à ce point détériorées. Le pétrole de schiste américain, synonyme d'autonomie énergétique a considérablement réduit le degré de dépendance de l'or noir des Al Soud et par conséquent précipité un rééquilibrage de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.


Sale temps pour les Al Saoud...


Mais la timide normalisation avec Téhéran allait connaître un frein brutal après la victoire de Donald Trump aux élections américaines de 2016. Retrait américain de l'accord, reprise très intéressée des relations avec l'Arabie Saoudite, transfert du siège de l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, feu vert à la colonisation accélérée de la Cisjordanie, ajout de l'Égypte d'al Sissi et des Émirats d'Al Nahyan à l'axe pro-américain... Il s'agissait de liquider sans perdre de temps l'héritage de Barack Obama et de miser aveuglément sur Israël en essayant au passage de convaincre les Palestiniens de renoncer à leur territoire et à Jérusalem Est en contrepartie d'une poignée de dollars. Une approche rappelant davantage la gestion d'une entreprise que la bonne gouvernance.


L'élection de Jo Biden va vraisemblablement remettre les pendules à l'heure. Il est en effet probable que l'ancien vice-président reprenne les choses là où les avaient laissé Barack Obama, c'est à dire que l'Arabie Saoudite et avec elle l'Égypte et les Émirats, risquent d'être les grands perdants dans le retour des Démocrates à la Maison Blanche. Et cela signifie de facto que, sauf surprise majeure, la reprise des pourparlers avec Téhéran sera bel et bien à l'ordre du jour, Ce qui a de quoi inquiéter les Al Saoud. Certes, Israël et l'AIPAC, le lobby juif américain feront le nécessaire pour que ce changement de cap s'opère en douceur mais le trio Ben Salman, Ben Zayed et Al Sissi doivent avoir vécu des jours d'insomnie depuis la confirmation de la défaite de Trump. Quant aux palestiniens, ils n'ont jamais été réellement avantagés par une quelconque administration démocrate, mais le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu est assurément plus à l'aise avec les Républicains

Image: Marianne


qui ont mis à sa disposition un chèque en blanc, Ailleurs dans le monde arabe, l'administration Biden fera semblant de distribuer quelques bons et mauvais points en mettant en avant l'argument de la démocratie. Un argument qui tient vraiment peu face à l'attrait des affaires...

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