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Soirées familiales bien de chez nous: Deux poids, deux mesures?

Mis à jour : 6 janv. 2019

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement et c’est pourtant la plus grande de nos misères. »[1] Une pensée philosophique qui doit amener à considérer le divertissement sous un jour nouveau ou, du moins, à réfléchir à la façon de ne pas bouturer une misère…Trêve de plaisanteries. Il ne s’agit pas de se divertir soi-même mais de divertir les autres et c’est là où le bas blesse parfois.


Prenons l’exemple d’une initiative, louable, il faut bien l’avouer, qui consiste en événements artistiques et culturels organisés ça et là par des membres de la communauté maghrébine au Québec. Ces soirées, généralement thématiques ou commémorant des fêtes nationales ou religieuses, rapprochent la communauté de ses origines, perpétue ses traditions, rompt l’isolement et favorise les amitiés et les retrouvailles.


Le divertissement est né de ce besoin presque vital mais s’est développé avec le temps afin de répondre à d’autres besoins sociaux. Le concept des soirées entre femmes illustre bien cet exemple et traduit un réel besoin de se retrouver entre femmes en toute intimité, pour se relâcher loin des contraintes familiales et professionnelles. Une petite compensation qui réussit cahin caha à réconcilier la femme autant avec son corps qu’avec sa liberté.


Violons à accorder


Le même concept s’adresse ailleurs aux familles. Il y en a pour touts les goûts, les âges, les bourses, VIP compris. Sauf que c’est devenu une véritable débandade qui a divisé la communauté en clans adverses se mitraillant à souhait sur les réseaux sociaux…Qui sème la hargne ne récoltera sûrement pas le plaisir. Se découvrant un beau jour une fibre entrepreneuriale, des organisateurs de soirées sont nés un peu partout et enchainent les soirées au grand dam de clients qui s’y perdent finalement. La concurrence est telle que plusieurs événements sont organisés aux mêmes dates et peuvent ainsi occasionner plus de pertes que de gains. On passe à côté de la poule aux œufs d’or…


De plus, certains organisateurs lésinent sur les moyens et ne pensent qu’aux bénéfices, oubliant qu’il faut donner pour recevoir. Résultat : on fait miroiter le miroir aux alouettes aux clients qui restent souvent sur leur faim, au sens propre comme au sens figuré. Le menu accompagnant la soirée se raccourcit, perd de sa qualité, de sa variété, de ses accompagnements. Plus surprenant encore est le concept de soirées qui s’annoncent 100 pour cent femmes mais qui sont animées par des chanteurs ou des groupes exclusivement masculins, en plus des quelques mâles qui se finissent par se fondre dans le décor afin de rejoindre leurs compagnes ou les simples badauds introduits je ne sais comment, par je ne sais qui et pour voir je ne sais quoi…


Tour cela pour dire que cela prend de vrais experts pour planifier un événement dans les règles de l’art, pour éviter de déformer le concept hospitalier bien de chez nous. La quantité des Gentils Organisateurs l’a emporté sur la qualité des banquets et le but premier de cette expérience, qui est le divertissement du client, se perd au profit de considérations budgétaires dissymétriques.

Sortir des sentiers battus a un prix…

[1] Blaise Pascal (1623 - 1662), Pensées

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