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Selon la presse saoudienne: Mohammed VI bientôt à Ryad?

Selon plusieurs sources médiatiques proches du pouvoir à Ryad, le Roi Mohammed VI s'apprête à effectuer un déplacement officiel en Arabie-Saoudite. L'audience accordée vendredi 26 février par Mohammad Ben Salman, prince héritier du pays pétrolier au conseiller royal Fouad Ali El Himma et au ministre des Affaires étrangères Nacer Bourita a forcément alimenté les supputations. Cette visite est d'ailleurs intervenue quelques jours à peine après le déplacement du nouveau président algérien Abdelmajid Tebboune à Ryad. On peut aisément établir le lien entre les deux audiences. En dépit de la détérioration manifeste des relations entre Rabat et Ryad depuis l'adoubement de MBS en tant que prince héritier de l'Arabie Saoudite, il était hors de question pour Rabat de laisser le pouvoir algérien tomber tête baissée dans les bras de Ryad.


En quelques années, le Royaume des Al Saoud a multiplié les gestes de franche hostilité à l'égard du Maroc. Entre autres, il y a eu le vote contre le Maroc pour l'attribution du Mondial 2026, le chaud et le froid soufflé par rapport à la question du Sahara, sorties agressives de blogueurs soutenus par le régime... Le tout, essentiellement à cause de la décision du Maroc de reconsidérer son engagement au Yémen et de la position équilibrée de Rabat dans le différend opposant le Royaume des al Saoud au Qatar. Sous MBS, l'Arabie Saoudite a démontré qu'elle était capable d'avoir la rancune tenace. Au niveau du monde arabe, tous les pays qui ne font par partie de l'axe Ryad-Abou Dhabi-Le Caire, sont suspects et donc attendus au tournant.


Et si Bernie Sanders devenait président des EU?


En dépit de tous les dérapages de MBS vis-à-vis du Maroc, il fallait toujours garder à l'esprit que l'Arabie Saoudite est un pays incontournable sur l'échiquier régional avec une réelle capacité de nuisance. Surtout dans un contexte de rapprochement entre les Al Saoud, les États-Unis et Israël. Certaines manigances visant le Maroc de la part des États-Unis ces derniers temps portaient probablement le sceau de Ryad et Tel-Aviv et bien des tractations sont menées pour amener la diplomatie marocaine à se montrer 'plus raisonnable'. C'est à se demander si Washington n'aurait pas d'une manière ou d'une autre 'encouragé' le Maroc à dépêcher des émissaires en Arabie en vue d'amorcer un dégel...


Le Maroc ferait bien de maintenir sa position équilibrée au Moyen-Orient car nul ne peut prédire de quoi demain sera fait. Si aujourd'hui l'Arabie Saoudite peut se permettre de bomber le torse, forte d'un soutien très intéressé de la part de Washington, que se passerait-il alors dans l'hypothèse d'une défaite de Donald Trump lors des prochaines élections présidentielles et un retour des démocrates au pouvoir? Pire encore, et si Bernie Sanders devait présider aux destinées de la première puissance au monde en janvier 2021?

Image: MWN


Même dans l'hypothèse que celui-ci n'aurait pas les coudées franches pour appliquer une politique ouvertement anti-saoudienne, il est certain que plus rien ne serait comme avant pour Ryad.


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