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Sahara: Nouvelle donne, nouvelles étapes?

La nouvelle a produit l'effet d'une bombe. Dans les coulisses diplomatiques, un travail colossal a été déployé discrètement pour aboutir à la reconnaissance jeudi 10 décembre de la marocanité du Sahara par le président américain sortant Donald Trump quarante jours exactement avant la passation de pouvoirs avec son successeur Joe Biden. Un triomphe incontestable qui tranche singulièrement avec l'inaction de l'ONU depuis le cessez-le-feu proclamé en 1991. Il faut dire que le geste spectaculaire de Donald Trump compte bien davantage pour le Maroc que les inutiles résolutions onusiennes à plusieurs reprises violées par le Polisario. Ceci étant, plusieurs questions se posent quant à la portée de ce geste qui revêt pour les États-Unis un caractère officiel.


De prime abord, Joe Biden se sentira-t-il nécessairement engagé par la décision de son prédécesseur? La diplomatie étant, jusqu'à une large mesure du ressort du président, on voit mal l'ancien colistier de Barack Obama se priver de ses prérogatives. Toutefois, il serait extrêmement douteux qu'il revienne sur cette décision pour la simple et bonne raison que le tout puissant lobby juif américain AIPAC veille au grain. Or, l'AIPAC est aussi implanté auprès des Démocrates que des Républicains et on voit mal M. Biden s'aliéner dès le départ un tel acteur. En outre, l'établissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël fait de facto du Royaume un partenaire de choix aux yeux de l'administration américaine. Sous cet angle, il y a bien peu de craintes à nourrir quant à une éventuelle remise en question de la décision de Donald Trump.


En finir avec la justice à deux vitesses...


Dans un autre ordre, la reconnaissance américaine étant réglée, qu'est-ce qui empêche le Maroc de se comporter de manière pleinement souveraine dans son Sahara? Plus précisément, la fameuse zone tampon, érigée de manière consensuelle a-t-elle toujours un sens? Les récents événements ont clairement démontré que le Polisario, directement téléguidé par les généraux d'Alger, s'en moque pas mal et ne se sent pas nécessairement intimidé par la présence de la MINURSO. Et puisque le mal vient de la zone supposée être sous supervision onusienne, le Maroc pourrait le plus normalement du monde récupérer pleinement ce qui lui revient de droit sans avoir de compte à rendre à quiconque. Ce qui pose de facto une question tout aussi importante:


À partir du moment où le Maroc est plus chez lui que jamais dans son Sahara, il faudrait que, tous ceux et celles qui auraient des velléités de semer la zizanie sur son territoire aient des comptes à rendre à la justice marocaine de la manière la plus implacable qui soit. Car il est tout à fait inadmissible qu'une Aminatou Haidar se pavane comme un paon à la barbe des autorités tout en promettant feu et sang alors que des journalistes et militants comme Hamid El Mahdaoui, Rada Taoujni et tant d'autres écopent de peines injustes uniquement parce qu'ils ont osé dénoncer l'iniquité sous toutes ses formes. Plus aucune magnanimité ne devrait désormais être tolérée vis-à-vis de ceux qui se fendent de menaces de guerre depuis le territoire marocain. Cela reviendrait à donner un sens entier à la marocanité du Sahara..

Image: Maroc.ma

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