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Sahara: Aux sources historiques du conflit

Par: Ismaïl Harakat, enseignant à l'UTA de l'Université de Sherbrooke


Alors que la diplomatie s'active dans les coulisses tant à Rabat qu'à Madrid pour apaiser les esprits suite à l'épisode Brahim Ghali et le crawl olympique vers Sebta, il est temps de dresser sans excès de passion -qui est mauvaise conseillère en pareilles circonstances- une brève rétrospective des faits qui ont conduit à cette situation. D'abord et avant tout, il faut rappeler que les sources de la crise du Sahara sont antérieures au double protectorat franco-espagnol imposé au Maroc en 1912, . Ainsi, entre novembre 1884 et mars 1885, Berlin avait accueilli une conférence historique portant sur le partage de l'Afrique. C'était le début de la course aux colonies. Une véritable hystérie s'était alors emparée des chancelleries européennes et l'Espagne s'était retrouvée avec un maigre butin inversement proportionnel à sa tradition colonialiste: La Guinée Équatoriale et le Sahara.


Dans le cas de ce dernier, Madrid soutient mordicus que les premiers soldats et colons ont mis les pieds dans une sorte de Tierra Incognita, et que rien ne leur permettait de conclure à l'existence d'un quelconque lien entre les tribus locales et le régime alaouite alors incarné par le Sultan Hassan 1er. Jusqu'à aujourd'hui, cette thèse est défendue bec et ongles par tous les lobbys espagnols hostiles à la marocanité du Sahara alors que l'Empire saadien au XVI ième siècle étendait sa domination jusqu'à Tombouctou à l'époque des caravanes transsahariennes. En outre, les liens entre les tribus locales et le Maroc sont confirmés par la Beïa (cérémonie d'allégeance) supposée être le socle des rapports entre la personne du sultan et ses sujets.


Inversement des rapports de force


Une vingtaine d'années après l'indépendance du Maroc, le territoire du Sahara était toujours, contre toute logique de décolonisation, occupé par l'Espagne. Profitant de l'agonie du Caudillo Francisco Franco qui tenait l'Espagne d'une poigne de fer depuis 1939, feu Hassan II a eu la brillante d'idée d'organiser une Marche Verte pour récupérer des provinces du Sud sachant pertinemment que les Espagnols avaient l'esprit ailleurs et que leur préoccupation première était d'assurer pacifiquement la transition démocratique vers une monarchie constitutionnelle. Hassan II l'avait clairement deviné et a jugé opportun de jouer cette carte loin des couloirs des Nations Unies, organisation infestée de bureaucrates qui a rarement brillé par des actions d'éclat. Depuis ce coup de génie, l'Espagne avec tout ce qu'elle compte comme composantes apporte un soutien indéfectible au Polisario et saisit la moindre occasion pour déverser son fiel sur le Maroc.


Jouer la carte du peuple opprimé qui lutte pour sa survie aurait pu avoir un certain sens pour l'Espagne si les dirigeants séparatistes assimilaient les notions élémentaires du respect des droits de la personne. Or, depuis 1975, ils n'ont jamais cessé de tremper dans les magouilles, détournant automatiquement l'aide internationale et entretenant des liens pour le moins ambigus avec les groupes terroristes du Sahara et du Sahel. Sans parler de sordides affaires de viol et autres scandales qui auraient du leur valoir le rejet de cette gauche européenne hypocrite et larmoyante prompte à faire un foin d'enfer pour défendre le ''droit des peuples à l'autodétermination'', mais incapable de la moindre cohérence dès lors qu'il s'agit de présides comme Sebta et Mélilia, occupés depuis cinq siècles. Aujourd'hui, avec la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité de Sahara, relayée désormais par les deux tiers des pays africains, les adversaires de l'intégrité territoriale du Royaume sont sur la corde raide. Très raide.

Image: Le 360

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