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PPS: Un départ tardif... très tardif

Ainsi donc, l'ultraparticipationniste PPS a décidé de quitter la coalition gouvernementale en pleines tractations visant à imposer à régime minceur à l'équipe Othmani. Trois raisons majeures peuvent expliquer cette décision de la part de Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS. D'abord une déception ressentie en pleines négociations portant sur l'attribution des portefeuilles. À ce niveau, nombreux sont les analystes qui considèrent que la formation héritière de l'ancien Parti communiste marocain sera l'une des grandes perdantes de ce remaniement.


Deuxième raison, les relations entre Nabil Benabdallah et le Chef du gouvernement Saadeddine El Othmani, sont, sinon exécrables, du moins froides et à des année-lumière de la cordialité qui marquait les rapports entre le camarade Nabil et l'ancien Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Autant dire que le feeling laisse à désirer entre M. Benabdallah et M. Othmani. C'est comme si le charme avait cessé d'opérer dès que M. Benkirane a été acculé à renoncer à son mandat.


Se refaire une virginité


Troisième raison et non des moindres: Le PPS espère se refaire une virginité dans les bancs de l'opposition dans l'espoir de requinquer ses troupes. Une bonne partie des militants ne doit pas vraiment percevoir d'un bon œil la façon dont les choses évoluent. Effectivement, l'homme de la rue porte un regard très critique sur cette formation qui donne l'impression de s'accrocher à tout prix à un navire qui prend eau de toutes parts. Un déficit d'image d'autant plus considérable que l'histoire de cette formation est associée au militantisme et aux affres des années de plomb. Force est de constater qu'il n'en reste pas grand chose de nos jours. Pire encore, plusieurs anciens

Image: Tel Quel


ministres PPS et non des moindres sont en disgrâce auprès du Palais. À commencer par Nabil Benabdallah lui-même. Au sein même des militants du partis, ils sont plusieurs à penser que le coup de gueule royal devait entraîner un départ imminent de cette formation du gouvernement dès 2017. Aujourd'hui. une telle décision parait tellement opportuniste...


De quoi aura l'air le PPS dans l'opposition? La question mérite d'être posée. En toute logique, le réflexe premier ira dans le sens de retrouvailles avec la "famille" de la gauche... ou ce qu'il en reste. Renouer avec l'USFP serait alors une priorité absolue sachant que les socialistes - version édulcorée - n'en mènent pas large non plus. Pas plus que le PAM, formation à laquelle il serait bien difficile d'accoler une étiquette idéologique puisqu'elle est née uniquement pour contrecarrer l'arrivée du PJD au gouvernement. Le PPS a donc du pain sur la planche pour remobiliser ses troupes à un moment critique où le degré de confiance des partis politiques dans le gouvernement est proche du point de congélation.

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