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Pedro Sanchez: Une victoire et beaucoup de calculs!

Sans surprise, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), sous la conduite de Pedro Sanchez a remporté les élections législatives du 28 mai avec 123 sièges aux Cortès. Une excellente nouvelle pour une formation privée de pouvoir depuis 11 ans et au plus bas dans les sondages depuis le départ du dernier Chef de gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. Une victoire qui doit faire un bien fou à cette formation qui a connu son page d'or sous Felipe Gonzalez de 1982 à 1996. Cependant, ce succès suscite davantage d'interrogations qu'il n'apporte de réponses. La carte politique espagnole est plus émiettée que jamais et la tendance qui se profile à l'horizon va dans le sens de gouvernements de coalition à la merci de formations d'appoint à la soif inextinguible.


Si le soutien de Podemos, encore plus à gauche que le PSOE et arrivé deuxième avec une quarantaine de sièges parait évident, il n'assure pas pour autant la majorité dont M. Sanchez a besoin pour avoir les coudées franches. Car il s'agit essentiellement de barrer la route aux nationalistes, voire indépendantistes basques et catalans qui ne verraient pas d'un mauvais œil une participation à un gouvernement de coalition en contrepartie de concessions conséquentes de la part de Madrid. Avec 165 sièges à eux deux, le PSOE et Podemos sont certes au bord de la majorité absolue, mais c'est toujours insuffisant pour gouverner avec assurance et tranquillité. D'autant plus que l'opposition de droite fera un boucan d'enfer avec le tandem PP et Vox qui se livreront vraisemblablement à une surenchère nationaliste inquiétante mais qui aurait le don de rassurer une frange de la population espagnole qui accorde un intérêt particulier à deux questions cruciales: L'immigration et le chômage.



Image: Libération

Le fonds de commerce du nouveau venu aux Cortès, Vox, c'est justement l"immigration et le chômage. Avec 24 députés, Vox réalise certes un score en deçà des prévisions qui lui accordaient plus d'une trentaine de parlementaires, mais il constitue désormais une réalité qui n'est pas sans rappeler celle de l'extrême droite française, avec en prime une belle marge de progression dans un contexte où chômage et immigration ne cesseront pas d'être d'actualité. Un excellent filon à exploiter depuis le confort de l'opposition. M. Sanchez devra en outre batailler ferme avec les indépendantistes catalans de droite, comme de gauche et qui ont remporté plus de 20 sièges. Assez pour donner du fil à retordre au jeune leader socialiste.


La bonne nouvelle pour M. Sanchez, c'est que l'économie reprend, et avec elle, des perspectives d'emploi plutôt encourageantes, ce qui pourrait contribuer à une accalmie sociale pour un bout de temps, quelques années à peine après la terrible crise économique qui a vu des de milliers de cadres espagnols quitter le pays vers des cieux plus cléments. Le plus important, pour M. Sanchez c'est que son programme électoral soit appliqué pour conforter sa légitimité aux yeux d'une opinion publique espagnole qui ne porte pas vraiment en haute estime les élites politiques.

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