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Mondial 2030 : La candidature de trop?

Mis à jour : 6 janv. 2019


Fermement décidé à se présenter candidat à l’organisation de la Coupe du monde de football pour la sixième fois de suite, le Maroc sait pertinemment que la donne a beaucoup changé par rapport à la première tentative. D’abord et avant tout, la FIFA semble de plus en plus favorable à encourager une candidature conjointe, ce qui, de facto, enlève une bonne part de visibilité vis-à-vis des observateurs. Pire encore si le Maroc fait cause commune avec l’Espagne et le Portugal. Dans ce cas, l’Espagne monopoliserait vraisemblablement l’intérêt médiatique, forte de l’immense popularité du Barça et du Real Madrid, les deux clubs les plus populaires de la planète. Ce qui revient à dire qu’il y aurait alors de fortes chances pour que la finale de la Coupe du monde ait lieu en Espagne plutôt qu’un Maroc. Six tentatives pour se voir priver de finale, la pilule serait trop dure à avaler. Le tout, bien entendu, si le dossier finit par être attribué au trio Espagne-Maroc-Portugal.


Deuxième aspect à prendre en considération, la FIFA entend éliminer tous les « petits pays » dont l’infrastructure sportive est jugée peu conforme à ses propres standards. L’idée de porter le nombre de pays qui prendront part aux phases finales de 32 à 48 en dit long sur la ferme volonté de cette puissance instance sportive d’en finir avec les pays moyennant développés sur le plan infrastructurel. Il faut savoir que le passage de 32 à 48 participants suppose en effet un énorme casse-tête organisationnel et soumet le pays organisateur à une considérable pression. Il faudrait alors au bas mot disposer de 16 à 20 stades répondant aux critères de la FIFA pour pouvoir abriter la compétition dans des conditions décentes. Reste le problème de l’intérêt sportif d’une épreuve à laquelle prendront part 48 protagonistes, c’est-à-dire le quart des pays de la planète. Détail dont se fiche pas mal Infantino et ses camarades argentés.


Et le public marocain, qu’en pense-t-il?


En dehors de ces considérations, il faudra répondre à une question majeure : Le public marocain est-il seulement motivé pour remettre ça? La question se pose d’autant plus que sur les réseaux sociaux, les commentaires accompagnant l’annonce de la candidature marocaine sont loin d’être emballants. La plus blasés invitent plutôt les officiels marocains à se concentrer sur l’essentiel, dont la santé l’éducation et l’emploi « plutôt que de flamber quelques dizaines de millions de dirhams pour une candidature aux lendemains incertains ». Ce à quoi, les officiels marocains et à leur tête Moulay Hafid Elalalmy rétorquent que bien au contraire, rien ne vaut une compétition de cet acabit pour donner un sérieux coup de fouet aux infrastructures. Sans parler de la création d’emplois par milliers qui découlerait de l’organisation d’un Mondial.


Autre détail que tout le monde devrait garder à l’esprit. Le Portugal, supposément concerné par une candidature conjointe a d’ores et déjà fait savoir qu’il avait d’autres chats à fouetter et que l’organisation d’un Mondial, si alléchante soit-elle, ne faisait pas partie de ses priorités. De quoi altérer l’optimisme des fervents défenseurs du dossier marocain, car si l’un des trois piliers se déclare peu concerné, une éventuelle défection rejaillirait sur les deux autres candidats. Ajoutons à cela l’attitude molle de l’UEFA qui semble préférer une candidature à 100% européenne. À méditer…

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