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Maroc: Un gouvernement d'union nationale? Pourquoi faire?

La rumeur enfle. Les élections législatives prévues en 2021 pourraient être reportées et en lieu et place de ce scrutin si peu attendu, les Marocains pourraient être gratifiés d'un gouvernement d'union nationale aux contours incertains. Même un hebdomadaire de référence à l'échelle africaine comme Jeune Afrique a laissé entendre dans un article datant du 4 juin qu'on s'achemine vers ce scénario. Question: Qu'est-ce qui justifierait la mise en place d'un gouvernement d'union nationale dans un contexte pareil? On a beau chercher des arguments indémontables, on n'en trouve pas. C'est que le Royaume ne se trouve pas dans un contexte de guerre. La pandémie du Coronavirus ne saurait justifier un tel scénario nonobstant la saignée économique engendrée par près de trois mois de confinement.


Le Maroc tire en la matière son épingle du jeu dans un conjoncture internationale calamiteuse. Il figure même dans le peloton de tête des pays émergents présentant d'excellentes perspectives de relance. Le pays n'est pas en état de guerre en dépit des provocations puériles des décideurs d'Alger. Et la lutte contre le terrorisme vaut au Maroc un concert de louanges de la part des principaux partenaires occidentaux. Alors, à quoi bon se farcir un gouvernement d'union nationale qui ne saurait être justifié que par un contexte d'exception. Et à la base, pourquoi donc envisager le report des législatives de 2021 comme s'il y avait péril en la demeure? Et qu'apporterait concrètement un gouvernement d'union nationale?


Faire le lit des extrêmes?


En dehors du PAM, toutes les formations politiques qui comptent ont déjà goûté aux délices du gouvernement - pas du pouvoir, la nuance est très importante-. PJD, Istiqlal, RNI, USFP, PPS, UC, Mouvement populaire... ont tous figuré dans le paysage politique depuis l'alternance de 1998 ou depuis le Printemps arabe et le changement de la Constitution. Il n'y a qu'à tendre l'oreille dans n'importe quel café du pays ou dans n'importe quelle salle d'attente d'administration pour réaliser à quel point les élites politiques sont frappées d'une sorte d'opprobre. D'ailleurs, le silence des formations politiques durant le premier mois du confinement a de quoi susciter une franche indignation. Les initiatives qui comptent n'ont émané que du Roi en personne ou des ministres dits de la Souveraineté - notamment Moulay Hafid Elalamy -. Pour le reste, Sadeddine Othmani a donné l'impression d'être totalement dépassé par les événements et restait de manière pathétique à l'affût de nouvelles prises à son insu.


Supposons que les rumeurs portant sur la constitution d'un gouvernement d'union nationale se précisent, de quoi aurait l'air l'équipe Othmani sachant bien que chaque parti mettra alors son point d'honneur à arracher le maximum de maroquins. Car on peut être certain que tout le monde mettra en avant l'impératif des concessions ''dans l'intérêt du pays'' mais voudrait volontiers être plus gâté qu'autrui. Et que se passerait-il si la déception est au rendez-vous? Eh bien, mieux vaut ne pas trop y penser car les précédents enregistrés dans les pays démocratiques tendent à démontrer qu'un tel scénario fait le délice des extrêmes. Ce dont le Maroc se passerait volontiers alors que les défis s'accumulent...

Image: Maroc Diplomatique

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