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Maroc: Déconfinement à haut risque...

Remettre le Maroc en marche tout en évitant de prendre des risques inconsidérés qui annihileraient l'effet des efforts consentis jusqu'à présent. C'est la délicate équation que les autorités marocaines doivent résoudre à un moment où les pressions se font énormes. Tourisme, vols commerciaux, construction, industrie... De tous les bords, on interpelle le gouvernement pour qu'il lâche du lest. Il faut dire qu'après l'admirable élan de solidarité manifesté pour toutes les composantes de la société marocaine depuis l'éclatement de la pandémie, le citoyen lambda est de plus en plus exaspéré et on peut aisément le comprendre.


Seulement voilà... Depuis quelques jours, et alors que tout semblait indiquer que le Maroc était en train de remporter son pari, le nombre de nouveaux cas a augmenté de manière exponentielle alors qu'il semblait s'être stabilisé autour d'une soixantaine de cas par jour. Certes, le Royaume est largement épargné côté décès enregistrés puisqu'il n'en compte officiellement que 221 au 29 juin, mais le nombre inquiétant de nouveaux foyers détectés donne raison aux autorités. En effet, dans l'hypothèse d'une deuxième vague où le nombre de cas se compterait par dizaines de milliers, la pression sur le système de santé serait insoutenable. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe en Égypte où le système est totalement dépassé par les événements en dépit de l'intervention de l'armée.


Assouplissement par étapes


Image: Twitter



Au Maroc, les professionnels du secteur touristique plaident pour pour un assouplissement des mesures accompagné d'une reprise des vols internationaux dans l'espoir de sauver in-extremis une saison touristique qui s'annonce forcément mauvaise. Le manque à gagner va être aggravé par la situation de nombreux travailleurs saisonniers qui dépendent du tourisme et qui comptent sur les mois de juillet et août pour assurer leurs arrières en prévision de la période des vaches maigres. Heureusement , le Maroc figure dans le peloton de tête des destinations privilégiées dans l'éventualité d'une reprise des réservations. Les nombreux témoignages favorables en rapport avec la gestion marocaine de la pandémie a eu le don de rassurer les professionnels du secteur. Cependant, plus de trois mois de paralysie, c'est considérable. Le même constat est valable pour la construction. Le nombre de marocains qui ont perdu leur employé va de toute évidence avoir une incidence majeure sur l'immobilier, du moins pour un temps.


Il n'y a pas de solution miracle pour le moment. Même un pays comme les États-Unis a vu son économie mise à terre par les ravages produits par la pandémie. Tout désormais est une question de prudence à laquelle il faut ajouter la conscience citoyenne pour surmonter cette épreuve. La gestion ne peut se faire qu'au jour le jour. Ce n'est qu'ainsi qu'on serait en mesure d'envisager l'allègement des mesures de confinement, c'est-à-dire en fonction des résultats engrangés. Parallèlement, la fermeté maximale est exigée contre certains employeurs-voyous qui se moquent complètement des normes de sécurité en temps de crise. C'est ainsi que le Maroc parviendra à limiter les dégâts et à remettre la machine en marche...


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