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Maroc-CCG: Neutralité payante

En optant pour la neutralité dans la crise sévère qui a opposé le Qatar à ses frères du CCG depuis juin 2017, le Maroc a fait le plus judicieux des choix. Bien entendu, cette neutralité lui a coûté une franche animosité de la part de l'Arabie Saoudite et des Émirats. Soutien du dossier nord-américain pour l'organisation du Mondial 2026, hostilité médiatique, mobilisation de la blogosphère, rapprochement avec l'Algérie et le Polisario, boycott touristique - relatif - de la part de la famille princière... Le prix payé par le Maroc était exorbitant. En contrepartie, le Maroc s'est retiré du Yémen d'une campagne belliqueuse qui ne le concernait ni de près ni de loin et s'est rapproché plus que jamais des pays africains, c'est-à-dire là où il y a une excellente carte à jouer.


À la Mao et à la Staline...


La diplomatie marocaine est suffisamment subtile pour savoir qu'entre les pays du Golfe toute brouille est passagère. C'est du déjà vu. Ainsi, comme la réconciliation entre frères de la Péninsule arabe revêt un caractère inéluctable, la meilleure attitude à adopter en pareilles circonstances est la neutralité parfaite quand bien même serait-elle mal perçue par Ryad et Abou Dhabi pour un temps. En faisant les comptes, on s'aperçoit que le Maroc sort gagnant sur tous les tableaux. De la campagne de Guergarate en novembre 2019 à la reconnaissance américaine de la marocanité de Sahara, doublée de l'ouverture d'un consulat à Dakhla, en passant par la réconciliation des pays du CCG, le Royaume a marqué pas mal de points ces derniers temps. D'autant plus, que certains observateurs semblent suggérer qu'un rôle aurait été joué par le Maroc dans ce dégel.


Alors que le Maroc engrange les acquis, le pouvoir algérien donne l'impression de ne plus savoir à quel sain se vouer se contentant d'inventer des guéguerres qui n'existent que dans son imagination et soudoyant des élus américains et européens à grands frais sans résultat tangible. Ces points diplomatiques obtenus par le Maroc font d'autant plus mal aux généraux d'Alger que l'opinion publique algérienne est particulièrement remontée contre ses dirigeants. Le Hirak n'a pas pris fin. Il a juste été mis en veilleuse le temps que la situation sanitaire permette une reprise en grande pompe des manifestations. Et là, tout porte à croire que Tebboune, Changriha et compagnie vacilleront sur son socle puisque le contexte économique est plus calamiteux que jamais.


Au lieu d'appliquer une politique de main tendue, le pouvoir algérien préfère se braquer comme bon vieux temps des camarades Staline et Mao. L'ennui, c'est que l'opinion publique du pays voisin n'est pas dupe. Créer un semblant de mobilisation nationale derrière un pseudo ennemi extérieur est une pratique totalement dépassée à l'ère des nouvelles technologies de l'information où on ne peut plus faire prendre des vessies pour des lanternes à son prochain. En outre, le Maroc est en train de faire le plein au niveau des pays du Golfe, ce qui devrait se traduire non seulement par des investissements mais également en ouverture de consulats à Dakhla. De quoi placer les locataires d'Al Moradia dos au mur.

Image: Le 360



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