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Maroc-Algérie: Dernier baroud d'une gérontocratie

Ça se voyait venir comme un poing sur une figure. Depuis deux mois environ, la faillite du régime algérien plaçait dos au mur les militaires du pays voisin. Il fallait botter en touche à tout prix et trouver un ennemi extérieur sur lequel l'opinion publique allait pouvoir exhaler sa rage. Refus de répondre à un message royal, accusation du Maroc d'être à l'origine des feux qui ont ravagé plusieurs wilayas algériennes, campagne médiatique anti-marocaine sans précédent, activation de la carte palestinienne en réaction au rapprochement entre le Maroc et Israël. Et surtout, menace de ''reconsidérer en profondeur ''les relations diplomatiques entre les deux pays. Dans ces conditions, l'annonce de la rupture paraissait inéluctable et imminente.


Pour donner un sens à une décision massivement rejetée par l'opinion publique algérienne et plus particulièrement au niveau de la région frontalière, le titulaire des Affaires étrangères de cette gérontocratie enfiévrée de haine a commencé à passer en revue ''les agressions perpétrées par le Maroc contre son pays'' dont le rapprochement entre Rabat et Tel Aviv et les feux de la Kabylie. Un déni total de la réalité quand on sait que le principal ennemi de l'algérien aujourd'hui, c'est son propre régime. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à tâter le pouls du Hirak pour réaliser l'ampleur des ressentiments nourris par la rue algérienne contre tous les symboles du régime qu'ils soient civils ou militaires. Ce sont eux qui sont dans la ligne de mire des manifestants et non pas le Maroc qui n'a cessé d'appeler à la réouverture des frontières,


Haine tous azimuts


Il faut réaliser que lorsque les relations entre deux pays sont aussi brutalement rompues, ça prend des années pour qu'elles soient rétablies même si les pays alliés ou les grandes puissances entre en scène. D'ailleurs, le Maroc ne peut pas se permettre de tendre la main éternellement à un régime honni dont la mentalité semble ne pas avoir évolué depuis l'ère de Houari Boumediene. Le salut passe désormais par le Hirak qui doit absolument reprendre du poil de la bête et passer à la vitesse supérieure pour chasser définitivement ceux qui sont à l'origine de tous les malheurs qui accablent le peuple algérien. À cet effet, une fois que les conditions sanitaires seront réunies, le Hirak gagnerait à investir plus que jamais la rue algérienne jusqu'à ce que les retraités acariâtres qui pillent ce pays soient non seulement acculés à quitter le pouvoir, mais surtout jugés.


De manière burlesque, Ramthane Laamamra, le titulaire des Affaires étrangères de son pays cherche à rassurer en laissant entendre que les ''intérêts de la communauté algérienne du Maroc seront préservés''. Vraiment? Par quel miracle Monsieur Laamamra? Comment voulez-vous que les ressortissants algériens au Maroc obtiennent le moindre document administratif comme un passeport, un acte de naissance ou autre? À travers une section d'intérêts relevant de l'ambassade d'un autre pays? Très compliqué, Et comment voulez-vous que vos propres ressortissants se rendent en Algérie du moment que la liaison aérienne entre les deux pays sera immanquablement suspendue? Imaginez un algérien d'Oujda devant se rendre à Oran située à 220 kilomètres de là. Cela relèverait du périple d'Ibn Battouta. Y avez-vous pensé MM. Tebboune, Changriha et Laamamra?

Image: Lecollimateur.ma

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