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Maroc-Algérie : Déclic ou continuité?

Mis à jour : 6 janv. 2019


De quoi auront l’air les relations avec le conflictuel voisin algérien en 2019? Difficile d’y répondre tant les dirigeants d’Al Moradia sont imprévisibles, soufflant constamment le chaud et le froid. Assez souvent, aux messages de vœux échangés entre le Roi Mohammed VI et le Président Abdelaziz Bouteflika à l’occasion des fêtes nationales ou religieuses, s’ensuit une déclaration intempestive remettant le compteur à zéro et annihilant toute tentative de normalisation. Pourtant, le calcul des responsables algériens qui prennent les décisions en lieu et place du président Abdelaziz Bouteflika est très simple : La question du Sahara est un fonds de commerce inépuisable, en permanence alimenté par des médias aux ordres. Dans ces conditions, il serait prudent de ne pas espérer de miracle. 2019 ne sera vraisemblablement pas l’année de réouverture des frontières entre les deux pays. À moins d’un improbable et invraisemblable revirement de situation.

Le dossier du Sahara donne au pouvoir algérien une illusion de mobilisation nationale derrière une cause à laquelle l’opinion publique de l’autre côté du poste frontalier de Zouj Bghal ne croit pas. Les mêmes pratiques seront maintenues à l’échelle diplomatique pour porter autant de préjudice que possible au Maroc. Le problème pour les responsables algériens, c’est que la plupart des pays africains semblent décidés à passer à autre chose. Hormis l’Afrique du Sud dont le soutien apporté au Polisario n’a pas changé d’un iota en dépit du rétablissement des relations avec le Maroc, les autres grands pays du continent, notamment le Nigéria et l’Éthiopie ont prudemment jugé nécessaire de ne pas mettre tous leurs yeux dans le même panier et leur position est désormais beaucoup plus équilibrée depuis que le Maroc s’active sur la scène diplomatique continentale.


Des appuis de plus en plus rares

Concernant l’Égypte, et en dépit de quelques actes enfantins perpétrés ces derniers temps, elle semble être rentrée dans les rangs et réalise que ses intérêts majeurs se situent davantage du côté du Maroc. Ainsi, le régime égyptien mise beaucoup sur l’expérience marocaine en matière bancaire et compte sur le Royaume pour effectuer une percée en Afrique occidentale qui intéresse particulièrement Le Caire. Ailleurs, que ce soit au Sahel ou en Afrique occidentale, le Maroc fait presque le plein de soutiens et les quelques miettes que l’Algérie allongeait auparavant pour s’assurer le soutien de tel ou tel pays ne suffisent plus. Autant dire que seule l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et quelques pays de moindre importance continuent à s’activer pour porter préjudice aux intérêts du Maroc… avec des résultats des plus mitigés.

Tant d’animosité n’empêchera pas un minimum de règles de bienséance de continuer à être observées comme l’échange vœux, les visites de quelques dignitaires, la coopération sportive, culturelle ou autre… Un service minimum à l’échelle officielle s’inscrivant à des années-lumière des liens qu’entretiennent les deux peuples. Toutes les tentatives visant à couper le cordon ombilical entre marocains et algériens ont été vouées à l’échec en dépit d’un acharnement maladif de la part de la diplomatie et des médias algériens. Plus de quarante ans après l’éclatement du conflit du Sahara et près de 25 ans après l’attentat ayant visé l’hôtel Atlas Asni, synonyme de fermeture hermétique des frontières, il est temps de passer à autre chose. C’est justement ce que le pouvoir algérien ne veut pas comprendre


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