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Manifestations en Algérie: Quelle incidence sur les relations avec le Maroc?

Les événements qui secouent l’Algérie depuis plusieurs semaines portent un nom : Révolution. Certes, le processus est loin d’être parachevé puisque bien des caciques du régime sont toujours en place, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont aux abois. Au fur et à mesure que le pouvoir multiplie les concessions, les manifestants haussent le seuil des revendications et réclament désormais la refonte totale du système pour tourner la page des officiers supérieurs de l’armée, du FLN et de tous ceux qui ont pillé les richesses de l’Algérie depuis l’indépendance. Si la rue obtient ce résultat, il faudra bien se résoudre à employer plus fréquemment le mot révolution puisque c’est bien de ça qu’il s’agit.


En attendant la fin annoncée de ce régime stipendié et honni, une réflexion majeure s’impose : Quelle sera l’incidence des événements en cours sur les relations entre le Maroc et l’Algérie? Il faut dire que les relations avec le Royaume sont si importantes qu’elles relèvent carrément de la sécurité intérieure des deux côtés de la frontière. Dans l’hypothèse de plus en plus plausible, pour ne pas dire inéluctable d’une chute brutale de régime algérien, trois aspects intimement liés occuperont alors les devants de la scène à brève échéance : La question du Polisario et son rôle à la lumière des mutations que connait l’Algérie, la réouverture des frontières et la restauration de l’UMA.


Un virage nouveau


Concernant le statut du Polisario, la rue algérienne considère à une large majorité que le soutien apporté aux séparatistes, si puissant soit-il, ne saurait justifier une brouille profonde avec le Maroc. Par conséquent, même dans l’hypothèse où un nouveau régime algérien serait à son tour favorable au Polisario – ce qui n’est pas à écarter-, il y a fort à parier que la réouverture des frontières serait plus à l’ordre du jour que jamais. Si un sondage d’opinion devait être réalisé dans ce pays quant au bien fondé ou pas de la réouverture des frontières avec le Maroc, le oui l’emporterait avec un score stalinien même au niveau de ceux qui appuient corps et âme la thèse des séparatistes. Et à partir de cet aspect, se poserait alors le point crucial de la restauration de l’UMA dont les structures sont gelées depuis 1994. On peut aisément imaginer le manque à gagner pour

Image: TSA


le Maghreb à une époque davantage propice à la constitution de blocs régionaux qu’à l’émiettement.


En attendant un dénouement que les observateurs considèrent comme inéluctable, on peut d’ores et déjà esquisser les contours de la nouvelle donne. Pari sur les investissements extérieurs pour en finir avec une nationalisation calamiteuse, infrastructures touristiques, fin du monopole des hydrocarbures, emploi, meilleur contrôle des dépenses publiques…, La métamorphose pourrait être radicale et très profitable si la transition s’opère en douceur. Si ce virage s’opère dans le cadre de la relance de l’UMA, c’est toute une région qui pourrait profiter d’une manne énorme. Ce qui signifie que l’essor de l’Algérie rejaillirait positivement sur le Maroc et vice versa. Ce faisant, nous assisterions à une dynamique de complémentarité qui placerait tout le Maghreb sur orbite. C’est tout le bien qu’on souhaite à la région.

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