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Le temps des extrêmes

Mis à jour : 6 janv. 2019


Ce qui vient de se produire en France traduit un profond malaise qui affecte une bonne partie des pays européens. Chômage, flux migratoire incontrôlable, hausse sensible du coût de la vie… L’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal… sont logés à la même enseigne. Même symptômes, même diagnostic, … même issue? Difficile à prédire, mais il a de bonnes chances pour que la grogne devienne contagieuse et gagne plusieurs pays. C’est qu’au-delà de la crise, il y a le déclin du modèle européen qui semble en fin de règne et que rien ne semble en mesure de redresser. Dans un contexte, le terreau semble propice à la droite populiste xénophobe qui a plus que jamais le vent en poupe.


Front-National – devenu Rassemblement national- en France, Vox en Andalousie, Aube Dorée en Grèce, le Mouvement social italien, FPÖ en Autriche… tous carburent au niveau des intentions de vote et certains ont carrément pris le pouvoir sont sur le point de le prendre. Ainsi, le mouvement de Marine Le Pen caracole désormais en tête devant la formation du président Emmanuel Macron à quelques mois des élections européennes, alors que Vox détient la balance du pouvoir à la Junta de Andalucia. En Grèce, en Hongrie, en Autriche et dans la plupart des pays de l’Europe de l’Est, la conjoncture semble particulièrement favorable au populisme. La proximité des pays sinistrés comme la Syrie et le Yémen a entraîné un flux migratoire d’une ampleur sans précédent.


Du discours à la réalité


Une telle pression a entraîné une perte de popularité considérable des partis traditionnels, qu’ils soient de droite, de gauche ou de centre et seul le discours de l’extrême-droite, axé sur les reconductions massives à la frontière, la restauration des frontières nationales et la mise en avant de la préférence nationale en matière d’emploi séduit. Évidemment, tant et aussi longtemps que ces formations politiques populistes n’auront pas pris le pouvoir, il est difficile d’évaluer la viabilité de leur discours et la possibilité de concrétiser leurs promesses électorales. N’empêche! Leur discours séduit plus que jamais à un moment où la société européenne se paupérise à vue d’œil face à la flambée du coût de la vie qui laisse les élites politiques totalement désarmées.

Le temps dira si une éventuelle victoire du Rassemblement national de Marine Le Pen remettra radicalement en question un modèle social, politique et économique parfois hérité de la Révolution française. Quel serait le coût économique de la restauration du Franc français et des frontières nationales? En quoi consisterait la « préférence nationale » inlassablement ressassée par Marine Le Pen et avant elle son père Jean-Marie? Aura-t-elle les moyens de sa politique ou est-ce que la realpolitik finira par l’emporter? Chose certaine, les partis d’extrême-droite ont, dans bien des cas diagnostiqué le mal qui ronge la société européenne, mais apportent-elles les solutions dont les contribuables ont besoin, eux qui sont littéralement saignés à blanc par le fisc européen? Rien n’est moins sur. Le dernier face à face présidentiel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a montré à quel point le volet économique constituait le Talon d’Achille de la présidente du Rassemblement national. Comme bien d’autres leaders de l’extrême-droite européenne, elle a intérêt à soumettre des alternatives viables pour se forger une stature de chef d’État.

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