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La CAQ sur orbite: Les raisons d'une lune de miel...

La projection du vote populaire à l'Assemblée nationale du Québec réalisée par le site www.qc125.com le 14 juillet renforce considérablement la Coalition Avenir Québec ( CAQ) en tant que principale formation politique de la province. Même en partant du principe qu'il faut toujours relativiser ce genre de projections, à fortiori lorsqu'on est à trois ans des élections, les chiffres avancés par Québec 125 sont tout aussi rassurants pour la CAQ qu'inquiétants pour les Libéraux et alarmants pour le Parti Québécois. Ainsi, si les projections du site en question s'appliquaient sur le terrain, la CAQ se retrouverait avec 92 députés au lieu des 75 dont elle dispose aujourd'hui, alors que les Libéraux passeraient de 29 à 22 sièges. Pour le Parti Québécois, trois maroquins seulement seraient glanés, ce qui s'apparenterait à un Waterloo en bonne et due forme.


Au milieu de ce sombre tableau pour le PLQ et pour le PQ, même Québec Solidaire qui se trouve pourtant sur une dynamique favorable perdrait quelques plumes, passant de 10 à 8 sièges. Dans tous les cas de figure, les gains hypothétiques de la CAQ s'obtiendraient aux dépens des autres formations. D'aucuns diront que la réalité politique québécoise est tout à fait spéciale du fait de la versatilité de l'opinion publique. C'est certain. On peut parfaitement passer d'une majorité absolue à une défaite le temps d'une campagne électorale qui tournerait mal. Mais dans le cas présent, c'est d'une véritable tendance qu'il s'agit.


Les Libéraux aux abois...


À Laval par exemple, sur la foi de ces projections, le Parti Libéral garderait une seule circonscription sur un total de six. Et en dehors de Montréal, c'est à peine si le PLQ maintiendrait ses positions dans deux ou trois circonscriptions. Même le bastion de La Pinière est donné au coude à coude entre Libéraux et Caquistes. Quels enseignements peut-on alors tirer de ces projections? D'abord et avant tout, et en dépit de certaines questions controversées à l'instar de la Loi 21 portant sur les signes religieux dans les établissements publics, l'opinion publique québécoise dite "de souche" considère que la la CAQ tient globalement ses promesses électorales. Deuxième enseignement, plus que jamais, la réalité de Montréal semble différente de celle du reste du Québec. Deux mondes qui se côtoient sans s'apprécier spécialement. D'ailleurs, les attentes des uns et des autres peuvent être bien différentes.


Dernier constat et non des moindres, les Québécois d'aujourd'hui semblent se satisfaire de l'option identitaire et autonomiste de la CAQ qui les éloigne des sables mouvants de la question nationale dont les jeunes veulent de moins en moins entendre parler. Sur ce terrain, la formation du Premier ministre siphonne littéralement les voix du PQ et même une partie des nationalistes libéraux insatisfaits du virage fédéraliste radical opéré par le gouvernement Couillard. Pour les néo-québécois qui gardent une rancœur tenace envers la CAQ, notamment à cause des séquelles de la Loi 21, ils devraient peut-être se faire à l'idée que le parti de François Legault pourrait fort bien renouveler son bail, d’où l'importance de changer son fusil d'épaule pour se préparer aux prochaines échéances dans les meilleures conditions.

Image: Le Devoir

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