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Iran: Au-delà de l'embargo, Donald Trump veut la fin du régime des Ayatollah...

Il est difficile de prédire l'évolution de l'escalade irano-américaine. Visiblement, l'administration Trump ne se contente plus de réduire à néant l'accord sur le nucléaire conclu en 2015 sous Barak Obama, et ne cherche plus seulement à étouffer économiquement l'Iran par le biais d'un embargo intense... L'objectif réel, c'est de renverser le régime iranien en place depuis la Révolution de janvier 1979, Pour pousser Donald Trump à "passer à l'action", le puissant lobby juif américain AIPAC saisit toutes les tribunes pour dire tout le mal qu'il pense de l'Iran, Tout comme le gouvernement israélien qui pousse par tous les moyens le président américain dans ce sens. Dans l'entourage de Trump, deux faucons parmi les faucons, le Secrétaire d'État Mike Pompeo et le Conseiller à la Sécurité nationale John Bolton préparent discrètement l'opinion publique américaine à l'éventualité d'une confrontation directe avec Téhéran.


Longtemps écarté d'un revers de main, ce scénario est désormais vraisemblable. Sauf que les conséquences pourraient être totalement désastreuses. De toute évidence, l'Iran ne fait pas le poids devant les 700 milliards de dollars que représentent les dépenses militaires américaines. Mais sa force de frappe n'en reste pas moins impressionnante et sans aucune mesure avec l'Irak de Saddam Hussein en 1990 et 2003. La capacité de nuisance iranienne est telle qu'une agression américaine serait synonyme de bourbier dépassant en pertes potentielles la guerre du Vietnam. Une force de frappe accentuée par des reliefs qui donnent un clair avantage à ceux qui maîtrisent le plus le terrain, les Iraniens en l'occurrence.


Le risque d'un bourbier...


Si les Américains vont de l'avant, deux scénarios seraient alors à l'ordre du jour. Soit soumettre l'Iran à un déluge de bombes jusqu'à ce que son infrastructure soit réduite à néant ou peu s'en faut. Dans ce cas, l'objectif ne serait tout simplement pas atteint car l'opinion publique iranienne ferait alors bloc derrière son Guide suprême et son président, sans parler des dommages très importants que l'Iran pourrait infliger aux intérêts américains dans la région. Soit, - deuxième scénario-, le Président Trump opte pour une campagne terrestre aux lendemains très incertains pour déloger le régime des ayatollah. Mais ce cas, il devra passer par le Congrès, majoritairement démocrate et qui risque de lui mener la vie tout aussi dure que lors de l'épisode du mur mexicain. Sans parler du risque énorme de relance des attentats terroristes.


L'administration américaine multiplie pour l'instant les mises en garde adressées à Téhéran et va même jusqu'à considérer désormais toute action menée par le Hezbollah contre Israël comme une "agression directe perpétrée par l'Iran". Une trouvaille grotesque qui s'ajoute à plusieurs mesures lourdes de conséquences, dont le transfert de l'ambassade US en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, le feu vert total donné à Israël concernant les implantations juives en Cisjordanie, ou encore la "suggestion" de l'administration Trump de considérer le plateau du Golan comme partie prenante intégrale du territoire de l'État hébreu. Pour sa part, l'Iran mise fortement sur les élections présidentielles américaines de 2020 pour reprendre avec une éventuelle administration démocrate la situation telle qu'elle prévalait jusqu'à l'élection de Donald Trump. Une sorte de prière qui ne sera peut-être pas exaucée...



Image: RFI



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