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Hafid Derraji: La voix de son maître

En quittant en 2008 la télévision nationale algérienne en tant que Directeur général-adjoint pour Aljazeera-Sports (la toute-puissante chaîne du Qatar portait encore cette appellation), Hafid Derraji était déjà considéré par plusieurs comme le meilleur journaliste sportif de son pays. Fruit d'un professionnalisme irréprochable, d'une voix parfaitement radiophonique et d'une longue expérience entamée en 1989. Quand il s'est installé au Qatar, ses collègues n'ont pas tardé à relever ses critiques acerbes nourries à l'égard du régime algérien du temps de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. Ses griefs au vitriol n'étaient pas seulement exprimés en privé, mais l'homme saisissait la moindre occasion pour dévoiler devant les médias tout le mal qu'il pensait du régime algérien. Un ton si acéré qu'on se disait que l'individu était une sorte de parangon de vertu et un défenseur acharné de la démocratie. Du genre de ceux qui meurent avec leurs principes.


Concernant ses relations avec le Maroc, il faisait partie de ceux qui appelaient à l'ouverture séance tenante des frontières tout en mettant en relief ''l'indestructible fraternité entre les deux peuples frères''. De fait, il a été primé au Maroc et participait régulièrement à des émissions avec ses collègues marocains où il faisait le tour d'horizon de l'actualité sportive. Et puis soudain, en plein épisode d'incendies qui ont endeuillé le peuple algérien et plus particulièrement la Kabilye, Derraji a subitement changé son fusil d'épaule pour défendre corps et âme l'infame régime de son pays contre le très méchant Maroc. Qu'est-ce qui a donc bien pu se produire pour que Hafid Derraji se transforme d'un opposant acharné à un thuriféraire du pouvoir militaire? De toute évidence, l'enveloppe est passée par là.


Discrédit total

Image: Le 360


Ainsi, à coups de tweets, Derraji s'est découvert une fibre patriotique nouvelle, doublée d'un soutien zélé à la cause palestinienne. Selon lui, ''aucune concession ni geste de fraternité ne devraient être consentis à l'égard d'un régime qui traite en toute impunité avec l'entité sioniste''. En plus d'une série de messages dévoilant un ressentiment évident à l'égard du Maroc et de ses institutions. Fort heureusement, ses propres collègues de Bein Sports dont le très professionnel et rigoureux Mohammed Ammor l'ont rappelé à l'ordre. Et surtout, il lui ont brutalement rafraîchi la mémoire en le renvoyant à l'époque où il vouait au régime algérien une haine ouverte constamment mise en relief. Cloué au pilori, il ne lui restait plus qu'à effacer ses tweets haineux sans réellement faire amende honorable. Ses employeurs qataris pour leur part lui ont clairement fait comprendre que dans le monde hyper mondialisé où nous vivons, le privé et le public se chevauchent et qu'il est hors de question de se mettre à dos le public marocain.


Peu importe l'identité du ''bienfaiteur'' de Derraji. Qu'il s'agisse de Khaled Nezzar, du dénommé Changriha ou de l'incompétent Tebboune, Hafid Derraji a perdu lamentablement l'estime de son public. Une perte que tous les milliards de la terre ne sauraient compenser. Son ''Papapapapa...'' mettra du temps avant de parvenir aux oreilles des marocains...



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