• Espace MRE

David Govrin au Maroc: Ambassadeur ou Chargé d'affaire?

''Journée historique'', ''une fête pour Israël''... la diplomatie de l'État hébreu jubile pour célébrer la nomination de David Govrin en tant ''qu'ambassadeur'' au Maroc. Arrivé à Rabat le 26 janvier, on imagine aisément l'impatience de ce diplomate pour présenter ses lettres de créance auprès du Roi Mohammed V. Ancien ambassadeur de son pays en Égypte de 2016 à 2020, M. Govrin entend marquer son mandat de son empreinte, parfaitement conscient du poids de la communauté marocaine en Israël, la deuxième en ordre d'importance dans ce pays après les originaires de Russie. De nombreux israéliens considèrent en effet qu'avec le Maroc, cette normalisation a un goût particulier. Ainsi, et en dépit de l'ouverture d'une nouvelle page avec de nombreux pays arabes, le Maroc occupe incontestablement une place à part dans le cœur des israéliens, notamment ceux qui sont originaires du Royaume chérifien.


Un doute subsiste toutefois quant au statut qu'aura M. Govrin. Sera-t-il officiellement un ''ambassadeur'' ou un ''chargé d'affaire''? Sur le plan protocolaire, ce n'est pas vraiment la même chose car si Tel Aviv entend aller vite en besogne en poussant les relations avec Rabat le plus loin possible, le Royaume ne l'entend pas spécialement de cette oreille, préférant reprendre les relations là où elles en étaient depuis la rupture diplomatique entre les deux pays il y a une vingtaine d'années. Rabat conditionne la normalisation totale par les acquis qui pourraient être enregistrés au niveau de la question palestinienne, Autrement dit, ce ne sera pas au départ une ''ambassade'' mais un bureau de liaison à l'instar du statut qu'avait David Dadon jusqu'à la fermeture dudit bureau en octobre 2000. Le Maroc, du moins officiellement, préfère conditionner la paix par ''l'avancée du processus de paix''. Pirouette qui ne convainc pas grand monde à l'échelle de la rue arabe, mais qui laisse libre cours à bien des interprétations.


Il est donc vraisemblable que M. Govrin devra ronger son frein en se contentant d'un statut provisoire de chargé d'affaire même si Tel Aviv crie sur les toits qu'il sera bel et bien ambassadeur. En dépit de la prudence de façade affichée par la diplomatie marocaine, tout le monde garde à l'esprit le rôle prépondérant joué par l'État hébreu dans la reconnaissance par l'administration Trump de la marocanité du Sahara. Et c'est ce facteur ô combien déterminant qui a été pris en considération par le Maroc. La diplomatie est un exercice extrêmement délicat où l'intérêt suprême de la Nation prime sur toute autre considération.

Image: JNS

35 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
Smart Phone

NOUS ÉCRIRE

Vos informations ont bien été envoyées !

Votre référence en journalisme marocain