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Départ de John Bolton: Quelle incidence sur la question du Sahara?

Ainsi donc, le Conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton a quitté son poste 17 mois à peine après sa nomination. Presque un record de longévité quand on sait que la plupart des cadors de l'actuelle administration quittent leur poste ou sont acculés au départ quelques mois à peine après leur nomination. Dès que l'information a été rendue publique, de nombreux analystes marocains ont pavoisé soutenant que M. Bolton, faucon parmi les faucons républicains saisissait toutes les tribunes pour prendre des positions contraires aux intérêts du Maroc, notamment pour ce qui a trait à la question du Sahara. Sous cet angle, il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'il s'agit effectivement d'une bonne nouvelle, car cela fait une voix en moins qui s'acharnera sur le Maroc. Mais, ce serait sans doute exagéré que d'attribuer une capacité de nuisance démesurée à M. Bolton.


La politique étrangère et la sécurité nationale d'un pays comme les États-Unis ne peuvent relever d'un seul homme, si puissant soit-il. Le président lui-même n'a pas tout à fait les coudées franches. Surtout si le contrôle du Congrès ou du Sénat lui échappe. Dans le cas du Maroc, il faut savoir que la position officielle du Département d'État en rapport avec la question du Sahara est très claire:

Image: RFI


Dans un contexte de lutte contre le terrorisme au Sahel, marqué par la porosité des frontières et la misère accablante, les États-unis et ses alliés ne peuvent encourager l'émergence d'un micro-pays de 600 à 700 000 habitants à la lisière même d'une zone à haut risque. Cela ne constitue certes pas un chèque en blanc en faveur du Maroc, mais les américains, qui s'y connaissent en calculs géopolitiques sont parvenus au constat selon lequel un pays disposant d'une armée forte comme le Maroc est beaucoup mieux outillé pour verrouiller la frontière avec la Mauritanie.


Un dossier guère prioritaire...


Donald Trump ne compte pas trop se mouiller dans le dossier du Sahara. Dans son esprit d'entrepreneur qui va droit au but et qui ne s'embarrasse pas de protocole, cette question est une perte de temps et d'argent. Pour forcer les deux parties à négocier plus sérieusement et directement, il se déclare ouvertement favorable à une réduction des prérogatives de la MINURSO, donc à une revue à la baisse des moyens qui lui sont alloués. Il considère sans doute aussi qu'un dossier qui traîne depuis tant d'années, c'est "mauvais pour les affaires". Voilà ce que représente en gros le dossier du Sahara pour l'administration Trump. Une sorte de bourbier qui ne justifie pas une implication américaine soutenue. Chose certaine, cette question ne revêt pour M. Trump qu'un intérêt marginal. Le business, le vrai, se situe au Moyen-Orient.


Pour une administration démocrate, gageons que les choses ne seraient pas si différentes puisqu'en fin de compte, le plus important, c'est ce que les Américains auraient à gagner d'un engagement plus marqué. Et pour l'instant, en dépit du potentiel estimé du Sahara en termes de ressources naturelles, c'est loin d'être une priorité pour l'Oncle Sam. Alors avec ou sans John Bolton, il n'y aura pas de changement de cap majeur dans la politique étrangère américaine par rapport à ce dossier.

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