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Défaite de Trump, triomphe du Trumpisme

En ce samedi 7 novembre, les carottes semblent cuites pour le président américain sortant Donald Trump. Même si le candidat démocrate Joe Biden n'est toujours pas proclamé officiellement président des États-Unis, son avance dans plusieurs états indécis, si infime soit-elle, semble irréversible et peut préparer désormais son discours d'investiture. Quant à Donald Trump, même battu, on peut dire qu'il a largement réussi son pari. Déjà, face à Hillary Clinton en 2016, presque aucun institut de sondage ni média n'avaient misé un sesterce sur le sulfureux homme d'affaire. Et pourtant, il a bel et bien déjoué les pronostics même s'il a été battu assez nettement à l'échelle des voix exprimées.



Image: RFI


Face à Biden, le Collège des grands électeurs qui lui avait assuré la présidence quatre ans auparavant lui a fait défaut et la voie semble désormais toute tracée pour l'ancien vice-président. Cependant, ces mêmes instituts de sondage quoique plus frileux et craignant comme la peste un scénario comparable à celui de 2016 ont quasiment à l'unisson prédit une victoire assez nette de Biden laissant peu de marge à la contestation. Erreur encore une fois. En plus de 70millions de voix en sa faveur, Donald Trump a tenu la planète en haleine, se permettant de remporter les deuxième et quatrième États les plus peuplés du pays, à savoir, le Texas et la Floride. Bien que quasiment inculte et démuni de toute étincelle de flamboyance, il aura imprimé un style tout à fait spécial, réglant ses comptes avec ses détracteurs personnellement à coups de tweets rageurs.


Un style si particulier...


Ce style direct, davantage en phase avec celui tenu dans n'importe quel bar du Texas qu'à Harvard a le don de plaire à plusieurs. Il faut dire que Donald a souvent eu l'habitude de dire tout haut ce que la plupart des dirigeants de ce monde pensent tout bas. Et même lorsqu'il a soutiré à un pays comme l'Arabie Saoudite dès les premiers mois de son mandat plusieurs centaines de milliards de dollars en contrepartie de la ''protection'' et des armes de l'oncle Sam, il n'a pas hésité à enfoncer le clou en faisant savoir publiquement à ses obligés saoudiens ou émiratis que sans la ''bienveillance'' de l'Amérique, l'Iran ne ferait qu'une bouchée des Al Saoud et des Al Nahyan. Et il a ridiculisé davantage le président égyptien al Sissi en le présentant comme ''son dictateur préféré''.


Homme direct, doté d'une culture générale proche du point de congélation, Donald Trump a eu au moins le mérite de prendre des décisions très controversées sans s'embarrasser de formes. Transfert du siège de l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, soutien inconditionnel à la politique de colonisation israélienne de la Cisjordanie, remise en question de l'accord de normalisation avec l'Iran amorcé sous le président Obama, rapprochement spectaculaire avec la Corée du Nord... Donald Trump a dirigé durant quatre ans le pays en donnant l'impression de n'avoir de comptes à rendre à personne, pas même à ses plus proches collaborateurs qu'il flanquait à la porte à la moindre contestation de ses décisions. C'était aussi ça, le style Trump. Sans gants et sans fioritures. C'est la raison pour laquelle le Trumpisme survivra longtemps à Trump.

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