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Covid-19: L'opération 'Marhaba' en péril...

En temps normal, l'opération Marhaba permettant à des dizaines de milliers de MRE de regagner la mère-patrie est enclenchée fin juin de chaque année. L'édition 2020 va vraisemblablement déroger à la règle. Alors que les autorités marocaines tergiversent pour donner le coup d'envoi au déconfinement après près de trois mois de paralysie des activités, le retour des MRE cet été suscite beaucoup d'interrogations. D'abord parce que le Maroc vient à peine de donner son feu vert au retour de ses ressortissants bloqués à l'extérieur du pays. Ensuite, aucun responsable ne peut pour le moment s'avancer à propos de la date de reprise des vols internationaux et des liaisons maritimes.


Les supputations concernant la réouverture de l'espace aérien international vont bon train. La période oscillant entre le 15 juillet et le 1er août est évoquée, mais sans aucune certitude. Pour les liaisons maritimes depuis Algeciras, Almeria, Barcelone, Sète ou Gênes, rien de concret non plus. Mais nous pouvons d'ores et déjà imaginer les conséquences qui découleraient d'une reprise au 1er août par exemple. Le manque à gagner se chiffrerait immanquablement en plusieurs milliards de dirhams puisqu'il est question des deux principales sources de devises pour l'économie marocaine: Le tourisme et les virements des MRE. Plus la situation se prolongera et plus le spectre de la faillite risque de hanter plusieurs pans de l'industrie touristique. Transport international, compagnies maritimes, hôtels, recettes des péages autoroutiers, restaurants, cafés... On peut imaginer aisément les conséquences.


Prévention et relance


Même si la première phase de déconfinement est présentée comme étant imminente au Maroc et même si l'impératif de santé et de salubrité publique doit primer sur toute autre considération, plusieurs voix s'élèvent pour réclamer un retour à la normale ne serait-ce que par phases progressives, à commencer par les nombreux lobbys directement concernés par la situation. Il faut dire que l'économie marocaine ne peut se permettre un ou deux mois de plus de paralysie. Il y a des limites à ce que les particuliers et le secteur privé peuvent consentir comme sacrifices pour maintenir sous perfusion une économie frappée de plein fouet par les retombées du gel des activités. Les licenciements seraient alors conséquents de même que les fermetures pures et simples dans le cas des compagnies privées de leur principale source de subsistance: Les clients!



Image: ALM


On ne peut badiner avec la prudence alors que la Covid-19 a occasionné à travers le monde 407 000 morts et plus de 7 millions de cas jusqu'à présent. Pour autant, il s'agit de suivre de près les mesures prises par certains pays qui ont fait le choix de renouer prudemment avec la vie. Ce qui se résume par une reprise des activités accompagnée d'une batterie de mesures qui limiteraient les risques de contamination. Le Maroc, avec une économie qui pèse 112 milliards de dollars ne peut mettre en place durablement des mesures de protection sociale qui agiraient comme une soupape de sécurité. D'où l'impératif d'un équilibre subtil entre mesures de prévention et relance. Il n'y a pas d'autres alternatives.

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