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COVID-19: L’essentiel à connaître

Par: Le Pr Intissar Haddiya*


Une crise sanitaire sans précédent que celle qui agite notre planète depuis le début de cette année. La pandémie du nouveau coronavirus qui a fait, jusqu'à présent au moins 200.000 morts pour plus de 2.8 millions de cas recensés dans le monde, depuis son apparition en Chine, en décembre dernier.

Image: FM 103,3

Les coronavirus sont une famille de virus qui peuvent provoquer des maladies telles que le rhume, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). En 2019, un nouveau coronavirus a été identifié comme étant la cause de cette pandémie qui a débuté en Chine dans la ville de Wuhan (Région de Hubai). La plupart des premiers cas avaient un lien avec un marché d'animaux vivants. Ce nouveau virus porte le nom de coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2). La maladie qu'il provoque est appelée « maladie des coronavirus 2019 : (COVID-19) ».

Les signes et symptômes du COVID-19 peuvent apparaître deux à 14 jours après l'exposition au virus (ce qui correspond à la période d’incubation du virus pendant laquelle le patient est contagieux) et peuvent inclure:fièvre, toux, fatigue, écoulement nasal, irritation de gorge, essoufflement ou difficulté à respirer.

D'autres symptômes peuvent inclure: des douleurs, notamment, des maux de tête, des diarrhées et des vomissements.

Certaines personnes rapportent une perte d'odorat et/ou de goût.

Des signes dermatologiques ont également été observées et dans les cas les plus graves, les patients peuvent présenter une détresse respiratoire, des atteintes neurologiques et rénales.

Il est à noter que la gravité des symptômes du COVID-19 est variable d’une personne à l’autre. Certaines personnes peuvent ne présenter aucun symptôme. Cependant, les personnes plus âgées ou porteuses de maladies chroniques telles les maladies cardiaques, les maladies pulmonaires, le diabète, ou les patients ayant un système immunitaire compromis peuvent être plus à risque de faire une maladie grave.

Le mode de contamination du virus du Covid-19 le rend particulièrement contagieux :Le virus passe d’un individu à l’autre par des aérosols, des gouttelettes expulsées lors de la toux ou de l’éternuement. Ces gouttelettes contaminent aussi les surfaces et objets qu’on touche, et c’est en se touchant les yeux, le nez ou la bouche que l’on contracte le virus.

De plus, ce virus possède une capacité importante de multiplication expliquant la rapide propagation de la maladie.

Le réservoir du virus :La chauve-souris serait l'origine la plus probable du virus, bien qu'il n’existe pas de preuve formelle et que les enquêtes sur le sujet persistent. Par ailleurs, le rôle du pangolin dans la chaîne de transmission reste à déterminer.

Le diagnostic du COVID-19 se fait principalement par une technique appelé PCR (réaction en chaîne par polymérase) qui recherche le matériel génétique du virus sur un prélèvement recueilli dans le nez ou la gorge des patients, par écouvillonnage. Ce prélèvement est réalisé par un professionnel de santé. L'échantillon est ensuite envoyé au laboratoire pour être testé.

En effet, l’organisation mondiale de la santé recommande désormais de tester le plus de personnes possibles, afin de briser la chaîne de contamination. Pour gérer cette crise, les États ont opté pour des stratégies différentes en matière de dépistage, en fonction de leurs moyens.

D’autres tests dits «sérologiques», réalisés à partir de prélèvements sanguins, ont fait leur apparition. Ils détectent les anticorps produits par le système immunitaire du patient lors de l’infection au Covid19. Ces anticorps circulent dans le sang des patients et peuvent y persister longtemps. Ces tests auront un intérêt probable dans l’identification des personnes immunisées contre le Sars-CoV2.

Les mesures de préventionde la propagation de la COVID-19 sont principalement axées autour des régles d’hygiène et le principe de distanciation sociale. Ainsi, il est recommandé de :

- Porter un masque (désormais obligatoire)

- Se laver souvent les mains. Utiliser du savon et ‎de l’eau, ou une solution hydroalcoolique. ‎ ‎

- Ne pas toucher ses yeux, son nez ou sa bouche. ‎‎‎ ‎

- Tousser ou éternuer dans le pli du coude ou un ‎mouchoir.‎ ‎

- Rester à distance de toute personne qui tousse ‎ou éternue. ‎ ‎

- Demander un avis médical par ‎téléphone, à son médecin ou aux structures des soins de santé,‎ ‎en cas de fièvre, toux ou difficulté à ‎respirer,

- Adhérer aux indications des autorités sanitaires ‎locales (Le respect des mesures de confinement peut-être cité comme exemple). ‎ ‎‎ ‎

Les traitements utilisés ont pour objet de lutter contre les symptômes du Covid 19. Toutefois, des traitements potentiellement efficaces commencent à émerger des études.

Le médicament qui a nourrit le débat au cours de cette pandémie, est la chloroquine, initialement présenté et défendu par Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille (France), et qui a été depuis l’objet de différentes pistes de recherche. Cette molécule peu coûteuse, connue des praticiens depuis près de 70 ans, permettrait de contenir l’évolution de la pneumonie, et raccourcirait la durée de la maladie".

En outre, un essai clinique européen prometteur, nommé "Discovery" a été lancé au mois de Mars dans sept pays européens pour tester quatre traitements expérimentaux.

Les traitements évalués sont :

- Remdesivir, un traitement antiviral ayant été utilisé pour traiter la maladie à virus Ebola.

- Lopinavir, un traitement utilisé contre le VIH en association ou non avec le Ritonavir.

- Lopinavir en association avec l'Interferon Bêta.

-L'hydroxichloroquine est toujours sous étude malgré son autorisation dans un certain nombre de pays.

La piste de la thérapie passive par les anticorps

Des chercheurs Américains ont avancé une nouvelle piste thérapeutique. Il s’agit de la thérapie passive par anticorps qui consiste à prélever du sang chez les sujets initialement infectés mais guéris, afin d'en prélever les anticorps dirigés contre le virus. Ces anticorps étaient produits par l’organisme pour lutter contre le virus. Une fois extraits, ces anticorps seront traités puis injectés à d'autres patients.

Un vaccin contre le COVID-19,fait actuellement l'objet de recherches. Approximativement 80 firmes et institutions académiques s’activent pour produire le vaccin tant attendu, mais aucune équipe n’a encore complété les différentes phases requises des essais cliniques.

Selon l’organisation mondiale de la santé, le vaccin ne pourrait être disponible qu’en mi-2021.

Qu’en est il de l’immunité (collective et individuelle)?

Dans une population donnée, lorsqu’une proportion importante de personnes a été infectée par un virus, elle sera immunisée contre ce virus, brisant ainsi sa chaîne de propagation, et protégera par conséquent les personnes qui n’ont pas encore été en contact avec le virus. C’est le principe de l’immunité collective (grégaire) ou immunité de groupe.

La proportion requise d’individus pour instaurer une immunité collective dans une population donnée varie d’une maladie à l’autre. Dans le cas du COVID-19, le seuil serait estimé actuellement à environ les deux tiers de la population.

Enfin, est ce que le fait d’avoir été atteint du Covid-19 signifie que l’on a acquis une immunité individuelle? Et, si oui, quelle serait sa durée? Deux questions qui demeurent en suspens, en l’état actuel des connaissances.

Références :

- Organisation mondiale de la santé. Nouveau coronavirus (2019-nCoV) disponible à : https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019

- INSERM : Actualités COVID-19 (Avril 2020)

- Centers for Disease Control and Prevention (CDC) : Coronavirus (COVID-19) updates (April 2020)

* Médecin-néphrologue et auteure

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