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Après le municipal et le provincial, place au fédéral?

Mis à jour : 6 janv. 2019


Après avoir franchi l’épreuve des élections municipales – Abdelhaq Sari et Younes Boukala-, provinciales – Moncef Derraji et Marwa Rizky-, les Marocains du Québec et du Canada seront-ils en 2019 représentés à l’échelle fédérale? Si la question mérite d’être posée au regard des succès engrangés ces derniers temps, on peut s’interroger sur les chances de voir un enfant du pays siéger à la Chambre des communes et titiller le gouvernement sur plusieurs questions. Pour l’instant, rares sont ceux qui affichent clairement la couleur, sachant que ce dernier palier où se traitent des questions majeures comme la diplomatie, l’immigration, la défense ou encore le transport reste, et de loin le plus dur à franchir.


Si n’importe qui peut, dans un pays démocratique se porter candidat, la question est de savoir si les principales formations politiques représentées à la Chambre des communes peuvent réellement franchir le pas en présentant un candidat originaire du Maghreb. Et même à supposer qu’elles le fassent, y a-t-il des chances de voir un candidat d’origine marocaine ou maghrébine porter les couleurs de son parti dans une circonscription « jouable »? Là est la question. Car si c’est pour faire de la figuration, non merci! La communauté maghrébine compte près de 400 000 membres à l’échelle du Canada et il est tout à fait normal que l’un de ses représentants se fraie une place parmi les 335 députés fédéraux. Il y a bien des hindous, des sikhs, des afro-canadiens, des chinois, des italiens… alors pourquoi pas un maghrébin? C’est excellent que les formations politiques mettent en avant l’impératif de défendre la diversité, mais l’idéal serait de passer de la parole aux actes.


Place à l’action!


Il ne s’agit pas de juger des chances de tout un chacun, de suggérer tel nom plutôt que tel autre ou de défendre les couleurs de tel parti plutôt que tel autre. L’essentiel c’est de remporter la bataille de l’investiture dans une circonscription gagnante. Les partis fédéraux et surtout le Parti Libéral feront-ils donc montre de cohérence jusqu’au bout? Justin Trudeau se plait à se présenter comme le défenseur des minorités. Excellent. Dans ce cas, qu’il soit en phase avec son discours en présentant un candidat originaire d’une communauté qui vote massivement pour son parti. Il sait pertinemment que ce ne sont pas les compétences qui manquent et que dans un pays qui a fait de l’immigration qualifiée un choix stratégique, il n’a que l’embarras du choix. Encore faut-il que la volonté politique soit au rendez-vous.


Que les choses soient bien claires. Tout profil retenu - à supposer qu’il le soit- sera d’abord le candidat de son propre parti politique et obéira aux grandes lignes tracées par sa formation. C’est élémentaire, mais qui est le mieux placé pour cerner les enjeux de sa propre communauté? Qui a suivi le fastidieux processus de l’immigration? Qui a accès à la langue, avec tout ce que cela implique comme longueur d’avance pour prendre les bonnes décisions? Tous ces facteurs entrent en ligne de compte et il appartient aux partis politiques d’agir en conséquence…


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