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États-Unis-Iran: Coup de bluff ou coups de feu?

Le Rocher de Gibraltar a été le théâtre ces derniers jours d'un nouvel épisode de la dangereuse escalade dans les relations irano-américaines. Ainsi, alors que les autorités britanniques et celles de Gibraltar s'apprêtaient à laisser repartir le pétrolier iranien Grace 1, l'administration Trump est entrée en scène à la dernière minute, demandant aux autorités du Rocher de prolonger la période de rétention. Motif allégué: Le Grace 1 est soupçonné de "vendre du pétrole à la Syrie", ce qui constitue, aux yeux des américains une raison suffisante pour "confisquer" la marchandise du navire. Fort heureusement pour les iraniens, les autorités de Sa Majesté britannique ne l'ont pas entendu de cette oreille et le Grace 1 a pu poursuivre son itinéraire.


Il ne s'agit là que d'un détail de plus dans les péripéties de la politique américaine vis-à-vis de l'Iran. L'administration Trump cherche en effet par tous les moyens à projeter aux yeux de la communauté internationale l'image d'un pays décidé à "annihiler la menace iranienne". Objectif qui figurait parmi les axes principaux de la politique étrangère américaine depuis la campagne électorale du président Trump. De toute évidence, le lobby juif américain incarné par le puissant AIPAC a beaucoup pesé dans la balance car il s'agissait d'opérer une rupture brutale par rapport à la stratégie de l'administration Obama qui avait opté pour un rapprochement avec l'Iran aux dépens de l'Arabie Saoudite. Le tout, dans l'intérêt d'Israël, grand gagnant de cette opération.


Pari risqué...


La question qui se posent les observateurs est la suivante: Donald Trump compte-t-il aller jusqu'au bout en déclenchant un conflit armé avec l'Iran aux lendemains incertains? Les avis sont loin d'être unanimes, mais la tendance majoritaire qui se dégage va dans le sens qu'il s'agit probablement d'un coup de bluff et que l'opinion publique américaine, y inclus parmi les partisans du Parti Républicain ne cautionne pas spécialement l'idée d'un engagement militaire direct qui pourrait s'avérer désastreux. En effet, militairement parlant, l'Iran d'aujourd'hui est dans une situation infiniment meilleure que ne le fût le Vietnam d'il y a une cinquantaine d'années, avec en plus des reliefs qui pourraient compliquer sérieusement la tâche des soldats américains.

Image: Le Parisien


L'administration Trump ne dissimule qu'imparfaitement son désir de provoquer un changement de régime en Iran. Le problème, c'est qu'un tel projet passe nécessairement par un engagement terrestre...


Pour l'instant, il y a fort à parier que l'administration américaine est en train de soupeser soigneusement les différentes options, mais mêmes les faucons les plus irréductibles au sein du Pentagone savent qu'il y a un prix à payer et qu'un conflit avec l'Iran entraînerait des conséquences plus lourdes que le fiasco irakien et afghan. Ce qui nous ramène au maintien de la situation présente faite de menaces et de tensions qui risquent bien de ne pas laisser le marché pétrolier indifférent. L'histoire récente a démontré qu'à ce petit jeu de guerre sans coups de feu, les iraniens sont les champions...

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